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Nasreddin Hoca : le pari

Toujours très habile, futé,espiègle, railleur, à peine inconvenant, voici une nouvelle histoire du malicieux Nasr Eddin Hoca .

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Nasreddin se plaint coninuellement auprès de Timour Leng de sa grande pauvreté, mais le souverain est loin d'être généreux. Aussi ce dernier est-il surpris d'apprendre que presque tous les soirs son bouffon organise de grands festins dans sa modeste demeure.

Timour le fait appeler et lui demande comment il s'y prend pour dépenser autant d'argent, avec des gages si modestes. Le Hoca répond qu'il engage tout somplement des paris avec toute sorte de gens et qu'il gagne à chaque fois. Ainsi, il peut donner des fêtes.
Le Tartare, à ces mots, est pris du désir de le défier.

- Que parierais-tu avec moi pour dix pièces d'or ? lui demande-t-il.
- Je parie, lui propose le Hoca, que demain matin en te réveillant, tu auras un furoncle sur la fesse droite.
- Paris tenu ! accepte Timour en riant, sûr de gagner.

Le souverain passe une très mauvaise nuit. Toutes les heures, il se réveille et vérifie si quelque chose n'est pas en train de pousser sur sa fesse, on ne sait jamais. Mais non, rien, absolument rien !

Le lendemain matin, tout heureux et soulagé, Timour se précipite chez Nasreddin :
- Hoca, tu as perdu !
- Permets-moi, seigneur, de vérifier

Timour relève son manteau, baisse son pantalon et tend son postérieur à Nasreddin qui est bien obligé d'admettre qu'il a perdu et de lui donner les dix pièces d'or promises. C'est la première fois que le Tartare a le dernier mot avec son bouffon et il rentre au palais tout fier de son coup.

Pourtant, le lendemain, il apprend que, le soir même du pari, Nasreddin a organisé une fête à tout casser, pour laquelle il a même loué les services des musiciens de la cour. Furieux, il le convoque pour lui demander des explications.

- C'est très simple, répond bien volontiers le Hoca : j'avais parié cinquante pièces d'or à tes courtisans que s'ils venaient chez moi assez tôt ils auraient, en se cachant bien, ce spectacle rare du maître du monde montrant son cul à son bouffon.

 

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