Je vous invite à me suivre à l'intérieur du caravansérail de Sultan hani et d'en découvrir la vie quotidienne.

 

et pour un autre regard, Marité vous raconte la visite à sa façon : un clic ICI

 

La route du commerce turque a connu son apogée au 13ème siècle. Elle permettait de relier la capitale seljoukide Konya aux ports de la méditerranée et à la Perse. On trouve en Anatolie les restes d'une centaine de caravanserails .  Il devait y en avoir bien davantage. Sultan Hani demeure le plus grand et le mieux conservé. On dit qu'il a résisté aux attaques de 20 000 hommes...

 

Ce bâtiment est vraiment superbe, imposant, puissant. Pouquoi était-il si grand?

 

 J'ai trouvé sur le net un plan clair qui nous permet de mieux comprendre l'organisation des locaux et leur vocation.



Map copyright PlanetWare.com

 

La porte d'entrée à gauche donne sur la cour centrale.  La premier chose que l'on voit, c'est la mosquée carrée qui permettait à chacun, le soir venu, d'effectuer ses obligations religieuses.


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Cependant, on accueillait ici des caravaniers de toutes origines (persans en majorité) donc de langue et de religion différentes.

La construction était  faite sur la base d'une forteresse de 120 m de côté.  les murs extérieurs sont soutenus par 24 tourelles de marbre. La région est volcanique, les pierres sont faciles à extraire, peu lourdes et faciles à tailler et sculpter. En revanche, la pierre durcit à l'air et donne des constructions particulièrement solides.

Le portail richement décoré annonce au visiteur "Allah est tout puissant"


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On doit imaginer ces lieux recouverts de tentures et de tapis colorés.

Sur le côté gauche,  des salles accueillaient le hamman, les bains et les chambres pour les hommes.  On trouvait également des lieux de stockage des provisions.


sultan hani chambre

 

 Ce caravansérail serait aujourd'hui qualifié de "luxe" comparé aux autres de la région. Les chambres et la salle à manger étaient chauffées par un brasero et éclairées par des sortes de bougies. Tout y était gratuit. Sultan et riches mécènes y trouvant leur intérêt dans le commerce et l'influence du pays dans la tradition de l'hospitalité orientale.


Caravanserail Sulta Hani 12

 

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La construction était faite de telle sorte qu'elle protégeait du froid en hiver en évitant la circulation de l'air. Mais l'été la chaleur intense amenait les hommes à dormir  sur les terasses auxquelles ont accèdait par de petits escaliers de pierre.


 Caravanserail Sulta Hani 10

 

Le personnel  s'organisait autour d'un responsable, de médecin, vétérinaire, imam, aubergiste, maréchal-ferrand, cuisinier, cordonnier mais aussi des musiciens, montreurs d'ours, troubadours et des danseuses!

 

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Sur le côté droit, une galerie à arcades pouvait abriter 200 bêtes, plus du bétail ainsi que les marchandises.

Les chameaux étaient logés dans une grande salle aux allures de cathédrale!

 

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A la nuit tombée, l'unique porte était fermée et le restait jusqu'au matin, à moins qu'une caravane attardée viennent demander refuge.


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Le jour levé, les hommes se restauraient et chargeaient leurs animaux des marchandises.

 Les chameaux bien adaptés au climat et au terrain pouvaient transporter environ 100kg de marchandises. les caravaniers ne s'embrassaient donc pas de choses inutiles. Ils les trouveraient au prochain caravansérail ( entre 5km dans les montagnes et 30km en terrain plat)


Une caravane comprenait sept animaux de bât (un katar) devancés ganéralement par un âne.

Avant que les portes s'ouvrent pour le départ, chacun devait compter ses bêtes et ses ballots et assurer le responsable du lieu que le compte était bon, faute de quoi les portes restaient fermées jusqu'à ce que le voleur ait avoué. C'était,  je trouve, un beau modèle d'auto-gestion.

Les caravanes reprenaient leur route et le caravansérail retrouvait son calme jusqu'au soleil couchant. Enfin pas tout à fait. Il était possible d'y rester jusqu'à trois jours pour se reposer, attendre une caravane, faire du commerce.

Ce n'était pas vraiment  un lieu destiné au commerce mais en fait les caravanes réalisaient un tiers de leurs ventes au cours de leurs séjours dans les différents caravansérail. on y commerçait de la laine, des olives, de l'alun, du sel, de la dinanderie....et bien entendu la soie de Chine et les épices venues d'Inde.

 On trouve les restes d'une centaine de caravanserails en Anatolie. Il devait y en avoir bien davantage.

La soie

La soie a été introduite en Turquie, en provenance de Chine dans un morceau de bambou. La culture s'est développée sur la côte Egéenne et le Turquie est désormais le second producteur mondial et dit-on, la meilleure qualité.


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Tous ces renseignements, je les ai collectés en écoutant, avec attention et intérêt, notre guide Barish. Erudit, calme, posé, discret, il a été l'acompagnateur idéal de ces visites.

Et si vous  souhaitez en connaitre davantage sur les caravansérailo d'Anatolie, cela peut-être LA

 

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À l'époque où Nasreddine était enfant, un passant lui a un jour demandé :
« Comment t-appelles-tu ?
— Nasreddine.
— Et ton grand frère, comment s'appelle-t-il ?
— Nasreddine.
— Et ton père, il s'appelle comment ?
— Nasreddine.
— Et ton oncle ?
— Nasreddine.
— Mais, dans ta famille, vous vous appelez tous Nasreddine ?
— Non : mon cousin Farid, il s'appelle Mohammed. »

 

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